Régime Écossais Rectifié

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Le Régime Écossais Rectifié à la lumière de la Vérité !

In Franc-maçonnerie on 18 mars 2018 at 19:19

Grand Directoire des Gaules

Il s’est imposé que soit sauvée la transmission de Camille Savoire,

prise au piège par une instance sectaire,

exerçant son action nocive par l’intermédiaire

d’un organisme dogmatique parasitaire.

 

La récente publication d’une «Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours »  (La Pierre Philosophale, 2017), par Jean-Marc Vivenza, a, sans conteste, constitué l’événement majeur de ces derniers mois au sein du milieu maçonnique rectifié, ceci dans la mesure où la somme de documents, références, éclairages, faits, etc., contenue dans cet ouvrage, avait rarement était égalée dans ce domaine, faisant de ce livre un incontournable pour ceux qui s’intéressent au système établi par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), lors du Convent des Gaules (1778).

La plupart des observateurs l’ont dit ou écrit, et il est donc inutile d’y revenir pour éviter les redondances, même s’il est toujours nécessaire de rappeler les évidences face à la vitesse accélérée avec laquelle l’oubli s’empare des esprits.

Mais il est un aspect – et on peut comprendre pourquoi, tant il apparaît rompre l’irénisme relationnel que l’on cherche difficilement à préserver entre les puissances maçonniques -, sur lequel les commentateurs ne se sont pas trop longuement étendus, celui touchant aux raisons qui conduisirent un certains nombre de dignitaires appartenant au Régime rectifié en décembre 2012, à se séparer des obédiences dans lesquelles ils œuvraient depuis plusieurs années, principalement le Grand Prieuré des Gaules (G.P.D.G.), et le Grand Prieuré Indépendant de France (G.P.I.F.), afin de décider de réveiller le « Gand Directoire des Gaules » constitué en 1935 par Camille Savoire (1869-1951), accompagnant ce « réveil » du rétablissement du « Directoire National Rectifié de France », instance gérant les trois Provinces françaises selon le « Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France ».

Ainsi, un des points intéressants de l’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours, c’est d’offrir aux lecteurs, un détail précis et circonstancié de la « mutation » dans laquelle l’instance dépositaire du réveil de 1935, c’est-à-dire le Grand Prieuré des Gaules (G.P.D.G.), s’est engagée, jusqu’à devenir une obédience multiritualiste pratiquant plusieurs systèmes maçonniques, le tout encadré par une « Aumônerie Nationale » (sic) [1].

Mais il convenait, pour vraiment traiter de « l’Histoire contemporaine du Régime », que soient éclairés attentivement les détails qui amenèrent à la rupture au sein du G.P.D.G. C’est ce que l’on découvre expliqué en trois « Actes », au chapitre XII, dont voici brièvement l’essentiel.

– Acte I –

 

« Une conception de la chair

qui peut influer négativement sur la conscience des Frères… »

On apprend en conséquence, que « l’élément déclencheur » qui amena à la rupture, « eut pour origine, en octobre 2011, un rappel par le Philosophe Inconnu de la « Société des Indépendants » à l’occasion de la traditionnelle « Assemblée annuelle » de cet organisme martiniste à la date anniversaire de sa fondation, des positions soutenues par Louis-Claude de Saint-Martin concernant le sacerdoce et les sacrements. Comme on le sait, l’auteur du « Nouvel homme », n’avait pas ménagé ses critiques envers l’Église, chargé à ses yeux de nombreuses fautes, dont une lui semblait devoir être dénoncée, celle ayant pour effet, en mettant des barrières dogmatiques, disciplinaires et cléricales entre les hommes et le Christ, d’empêcher les âmes d’entrer dans une relation directe avec le Ciel. » [2]

C’est alors, apprend-t-on, montrant le visage réel de cette « Aumônerie », dans son nocif travail visant à imposer des vues dogmatiques, que « la réaction du petit noyau de Frères, regroupés alors autour de l’Aumônerie Nationale, au lendemain de la diffusion de « Saint-Martin et la question du sacerdoce », pourtant restreinte aux membres de la « Société des Indépendants », ce qui ne représentait, alors, que peu de monde, fut d’une vigueur impressionnante, et on les vit agir comme si le G.P.D.G., en ses fondations, était menacé « spirituellement » par d’inquiétantes propositions théoriques martinistes extra-ecclésiales. » [3]

Cependant, cette réaction irrationnelle, n’était rien par rapport à ce qui allait se produire quelques mois plus tard : « En effet, voyant que le simple rappel, limité au demeurant, des positions extra-ecclésiales de Saint-Martin, avait provoqué une telle réaction furieuse de la part de Frères participant des activités de « l’Aumônerie Nationale » […] il sembla nécessaire – sentant qu’il en allait de même avec les thèses soutenues par le Régime rectifié […] d’effectuer le même travail de mise en lumière de ce qu’étaient, en leur réalité théorique, les principales propositions « doctrinales » intrinsèquement liées au système fondé par Jean-Baptiste Willermoz. » [4]

Un texte fut mis en ligne, « Le Régime Écossais Rectifié et la doctrine de la matière » : « où étaient exposés les points fondamentaux de la « doctrine de la réintégration » […] mis en parallèle avec les positions soutenues par Origène et saint Augustin, notamment ceux disponibles relatifs aux questions doctrinales, afin qu’il ne puisse y avoir aucune contestation des affirmations spécifiques du Régime Écossais Rectifié au sujet du statut ontologique de l’univers créé, la situation dégradée de l’homme déchu enfermé dans un « corps-prison », et la destination à l’anéantissement du composé matériel. » [5]

C’est alors, qu’une apparente folie furieuse s’empara du Grand Aumônier et de ses affidés : « [La réaction] qui fit suite à la mise en ligne, en mai 2012, du texte exposant les bases de la doctrine du Régime rectifié, frisèrent, le mot n’est pas exagéré, « l’hystérie », et déclenchèrent une action de la part du « Grand Aumônier des Ordres » visant à demander et exiger, rien moins, que la destitution de la fonction nationale de « Porte-parole officiel du G.P.D.G. », occupée par celui qui avait eu l’outrecuidance à ses yeux, en « abusant de sa fonction », de souligner qu’elles étaient les conceptions théoriques de Willermoz, qui se trouvaient, objectivement et en toutes lettres, à l’intérieur des rituels du Régime rectifié, et d’ailleurs, en expliquaient l’ensemble de la perspective initiatique. » [6]

Nous passons volontairement sur les épisodes qui sont décrits dans l’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours, mais le résultat aboutira à ceci : « un climat de véritable « guerre idéologique » en interne, mais aussi en externe, puisque la « toile » s’agitait et se faisait l’écho de ce conflit, et notamment les réseaux sociaux qui s’invitaient sans doute pour la première fois dans un affrontement de cette nature, et allait produire, à brève échéance, l’inévitable. » [7]

– Acte II –

 

« Le dogme est intangible, pas la doctrine… »

La sortie du G.P.D.G, de la « Société des Indépendants », en octobre 2012, fut précédée le samedi 29 septembre 2012, d’un discours officiel du Grand Maître du G.P.D.G., Bruno Abardenti, dans lequel il vint à soutenir, « que seul le « dogme » défini par les conciles de l’Église, était « intangible », mais pas la « doctrine » initiatique de l’Ordre sur lequel il prétendait exercer une autorité, en l’occurrence le Régime Écossais Rectifié ! Il déclarait ainsi, du haut de sa tribune, et dans le cadre d’une enceinte maçonnique, ce qui paraît invraisemblable tant ces paroles relèvent du dogmatisme sectaire plaçant l’Église à un degré d’autorité supérieur à celui des voies initiatiques : « C’est le dogme qui est intangible, pas la doctrine […] Nous restons… sentinelles des défaillances oublieuses des vérités religieuses… Sans la présence du Christ en nous, à travers ses sacrements, nos prières à termes nous feront tomber dans l’illusion…[l’homme] n’est nullement au-delà des lois de l’Eglise .» [8]

Comme l’écrit Jean-Marc Vivenza : « Qu’un Grand Maître d’une structure maçonnique française, et non n’importe laquelle puisqu’il s’agissait du Grand Prieuré des Gaules issu du réveil de l’Ordre en 1935, en lien avec des Obédiences qui se déclarent « adogmatiques », puisse affirmer lors d’un discours officiel, qui plus est imprimé dans la revue de son organisation, que seul le « dogme », défini par les conciles, a autorité sur l’enseignement d’un système maçonnique dont il a la charge et que par ailleurs, les « sacrements de l’Église » nous garantissent de la prétendue « illusion » que constitueraient les méthodes préconisées par les voies initiatiques, en particulier la « prière intérieure », ce à quoi se rajoute l’insistance sur le fait que, selon lui, « nul n’est au-delà des lois de l’Église », est absolument stupéfiant ! » [9]

Dès lors s’imposait une évidence : « il n’était plus possible de demeurer à l’intérieur d’une structure à ce point devenue étrangère aux fondements doctrinaux et initiatiques qui avaient été à la source de sa constitution au XVIIIe siècle, et dont la « mutation », pour ne pas dire la « déviance » opérée lors de la décennie 1990-2000, en une structure multi-ritualiste se revendiquant ostensiblement « chrétienne », pratiquant des Rites qualifiés désormais de « constitutifs » du G.P.D.G., le tout encadré par une Aumônerie, avait totalement transformé la nature. Une décision s’imposait en conséquence, si l’on voulait sauver, avant qu’il ne soit trop tard, ce qui subsistait de la transmission de Camille Savoire, et revenir aux principes posés en 1935 lors de la constitution du Grand Directoire des Gaules. » [10]

–  Acte III –

 

« Pour la maçonnerie rectifiée, il faut que l’impétrant confesse […]

la résurrection des morts (ce qui exclut les vivenzarques).

Ceci est ma conception propre qui revendique d’être intégriste. »

 

Le livre publié à cette période par Jean-Marc Vivenza sous le titre « La doctrine de la réintégration des êtres », (La Pierre Philosophale, 2012), de manière à permettre aux esprits soucieux de ces sujets d’approfondir les questions relatives à la doctrine du Régime Écossais Rectifié, était « critiqué, sur un espace internet animé par un des plus fervents zélateurs du Grand Aumônier du G.P.D.G., se désignant comme un « martinésiste chrétien », ceci avant même d’être publié, et alors que personne ne savait encore de quoi il était fait, et surtout ce qu’on allait lire exactement dans ses pages, au prétexte qu’il relevait de « vues personnelles », participant d’une « analyse non objective et partisane […] enfermée dans un courant de pensée particulier », témoignant, soi-disant, de « l’aspect limité de l’étude et la rigidité dogmatique de l’approche de son auteur », et qu’il manifestait un « penchant hégémonique, relayé par une forme de propagande, enfermant l’esprit des frères dans un mode de pensée unique et dogmatique bien éloigné par nature de l’approche initiatique» » (Cf. Esh494, « Une bien curieuse mise en garde », 21 octobre 2012).  […] Pour faire bonne mesure, et sans doute pour être dans la continuité de l’entreprise missionnaire qu’il déclarait être devenue sienne –  « Pour moi, la franc-maçonnerie est devenue une terre de mission et je ne vois pas au nom de quoi je devrais la laisser de côté » (Cf. J.-F. Var, Propos recueillis par Anne Ducrocq, in « l’Actualité des Religions », février 2001, n° 24) -, le Grand Aumônier, après plusieurs mois d’une intense agitation en forme de « croisade » sur les réseaux sociaux, blogs et forums, qui se revendiquait d’une conception propre « intégriste » de la Foi chrétienne, allait inventer une nouvelle entrée au dictionnaire des hérésies, en désignant ceux désireux de rester fidèles à la doctrine du Régime rectifié comme étant des « vivenzaques » (sic !) : « Pour la maçonnerie rectifiée, il faut et il suffit que l’impétrant confesse […] la résurrection des morts (ce qui exclut les vivenzarques). Ceci est ma conception propre qui revendique d’être intégriste. » (J.-F. Var, 6 février 2013). » [11]

La croisade entreprise, dévoilait non seulement la nature de cette « Grande Aumônerie », mais également étaient mis au grand jour, son but et son rôle, soit la chasse aux sorcières vis-à-vis de ceux qui avaient l’outrecuidance de ne point se soumettre aux vues du Grand Aumônier, qui agissait dès lors, voyant ses positions contestées, et selon son expression, comme un authentique « ayatollah », s’agitant sur internet pour dénoncer « l’hérésie » qui, selon-lui, menaçait le G.P.D.G., en usant d’armes parfois assez peu reluisantes pour un clerc, faisant que « de nombreux espaces maçonniques, attirant des milliers de visiteurs qui souvent exprimaient leurs positions par des commentaires passionnés, se firent l’écho du conflit qui se déroulait au G.P.D.G., dont en particulier le site très suivi : « Hiram.be ». » [12]

Conclusion

Nous savons ce qu’il advint ensuite, inévitablement, puisqu’il s’imposait nécessairement, face à une telle situation, que soit sauvée la transmission de Camille Savoire, prise au piège par une instance dogmatique et sectaire, exerçant son action nocive par l’intermédiaire d’une structure qui était venue se greffer, tel un organisme parasitaire, sur le G.P.D.G., qu’il n’était plus possible en l’état de réformer.

C’est pourquoi, alors que pour d’autres motifs, au sein du G.P.I.F., de nombreux frères souhaitaient de même se séparer d’une juridiction sclérosée incapable d’opérer sa réforme, fut décidé le « réveil » du « Grand Directoire des Gaules » qui avait été mis en sommeil en septembre 1939, le G.P.D.G. qui lui avait succédé en 1946 n’ayant cessé, au cours des décennies, de s’éloigner de plus en plus des critères originels de l’Ordre.

Cette décision s’est effectuée le 15 décembre 2012 à Lyon, « pour sauver ce qui devait l’être avant qu’il ne soit trop tard », en engageant un « retour » aux bases fondatrices de la « Charte-constitutive » de 1935 – soit en substance : « Pratiquer le Rite Écossais Rectifié en conformité des statuts de l’Ordre […] et notamment de maintenir dans leur intégralité les décisions arrêtées aux divers Convents de Kohlo, en 1772, de Wilhelmsbad, en 1782, et des Gaules, en 1778 », qui n’étaient plus du tout respectés, et comme nous l’avons vu, singulièrement abandonnés, contredits, et même, puisque tel est bien le cas, ouvertement et profondément pervertis.

Notes.

1. 41ahSZefOOLOn notera que l’ex « Grand Aumônier des Ordres » du G.P.D.G., qui a vainement tenté de justifier la création d’une « Aumônerie » dans le cadre maçonnique, dont le but déclaré statutairement est « l’enseignement de la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes » (Constitution du Grand Prieuré des Gaules, Livre VII, Titre 1), réitère maladroitement ses contrevérités dans le 2e tome de sa « Franc-maçonnerie à la lumière du Verbe» (Dervy, mars 2018, pp. 93-98) qu’il vient de faire paraître, ouvrage « disparate » d’après son auteur même, empli de contradictions et d’aussi erronées que laborieuses tentatives d’autojustification, feignant de confondre les dispositions de l’Ordre Intérieur du Régime rectifié et les modalités propres à la classe symbolique, témoignant, parmi bien d’autres signes, d’une tendance qui est devenue un mode de fonctionnement systématique, à tordre, modifier et corrompre l’esprit du Régime selon des critères personnels, dogmatiques, confessionnels et ecclésiaux.

2. J.-M. Vivenza, Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours, La Pierre Philosophale, 2017, p. 330.

3. Ibid., p. 333. Est d’ailleurs expliqué en note [404] de cette page 333 de « l’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours », comment derrière la prétendue « orthodoxie » affichée et revendiquée au sein du G.P.D.G., le Grand Aumônier, et celui qui signait du pseudonyme de « Esh » sur les réseaux sociaux – ceci expliquant sans-doute pourquoi, en raison de leur compromission honteuse et inavouée avec des sources aussi peu glorieuses, les deux compères se refusent d’admettre la réalité de l’hétérodoxie des thèses de Martinès présentes également chez Willermoz et dans les Instructions du Régime Rectifié -, étaient en fait et demeurent l’un et l’autre, à la tête d’un petit groupe néo-coën dit « Ordre des élus coëns de Josué » relevant, pour sa filiation, d’une « transmission de Robert Ambelain, via l’O.M.S. et ses discutables, plus qu’occultistes et singulièrement « douteux » rameaux néo-coëns londoniens et brésiliens, transmission issue de la « Résurgence » de 1942, sur laquelle on a cru bon de s’appuyer pour conférer des grades et titulatures, dont celle de « Souverain », « Ordre » dit de « Josué», situé à la proximité immédiate […] de l’Aumônerie nationale et de son Grand Aumônier… » (Op.cit., Note, [404], p. 333).

4. Ibid., p. 334.

5. Ibid., p. 335-336.

6. Ibid., p. 339. La réaction du Grand Aumônier fut assez virulente comme on peut le constater : « Il s’agit d’une conception de la chair que toute la Tradition des Pères rejette (et qui peut influer négativement sur la conscience des Frères) et aussi, il me faut bien le dire, d’une conception ecclésiologique que je juge extrêmement dangereuse, elle aussi pour l’effet qu’elle peut avoir sur les Frères, qui peuvent en conclure qu’ils sont justifiés à se passer des sacrements. » (Cf. A Tribus Lilis, Vendredi 25 mai 2012).

7. Ibid., p. 343.

8. Ibid., p. 345. Le discours, de celui que l’ex Grand Aumônier dans son dernier ouvrage, oscillant entre flagornerie et aveu, reconnaît dans sa dédicace comme son « jumeau » (sic), ce qui en dit long sur l’identité des positions des deux promoteurs d’un G.P.D.G. soumis aux dogmes « intangibles » de l’Église, est accessible à cette source : Bruno Abardenti, Discours saint Michel 2012, Cahiers Verts n° 7, 2012, pp. 14-15.

9. Ibid., pp. 345-348.

10. Ibid., p. 349.

11. Ibid., p. 352.

 12. Ibid.

Histoire du Régime Écossais Rectifié

des origines à nos jours

Lumières et vérités, sur l’histoire, les origines, le but 

et l’état contemporain de l’Ordre

La Pierre Philosophale, 2017, 572 pages.

frise-fleurie

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Entretien avec Jean-Marc Vivenza à propos de « L’Histoire du Régime Écossais Rectifié »

In Codes de 1778, Convent des Gaules, Elus coëns, Franc-maçonnerie, Histoire, Illuminisme, Jean-Baptiste Willermoz, Martinès de Pasqually, Ordre, Réforme de Lyon, Régime Ecossais Rectifié on 12 novembre 2017 at 16:08

Réduire le projet de Jean-Baptiste Willermoz, 

pensé, organisé et défini lors du Convent des Gaules en 1778,

à la caricature qui se donne à voir aujourd’hui dans la majorité des juridictions

obéissant aux critères de la franc-maçonnerie « andersonienne »,

est pour le moins  extrêmement affligeant.

À l’occasion de la publication de son dernier livre « L’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours » (La Pierre Philosophale, 2017), Jean-Marc Vivenza a accordé un « Entretien », mis en ligne sur le site des éditions « La Pierre Philosophale », que nous jugeons utile de reproduire afin de lui conférer une audience élargie, ceci dans la mesure où les points abordés dans les lignes qui suivent, touchent directement à la nature et à la vie du Régime rectifié, et notamment aux modes sous lesquels il est pratiqué en nos temps actuels, en étant souvent fort éloigné, pour le moins, des critères explicites définis dans les deux Codes, l’un pour la Classe symbolique, l’autre pour la Classe chevaleresque, entérinés lors du Convent des Gaules (1778).

Cette déviance constatée, pour ne pas parler de patente désorientation, ayant abouti en beaucoup d’endroits à des contrefaçons objectives indignes de porter le nom même de Rite Écossais Rectifié, endroits où l’on assiste à des libertés invraisemblables prises avec les principes de l’Ordre, fait donc de la publication de  « L’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours », non seulement le seul livre publié sur le sujet qui aborde de manière directe la situation contemporaine, mais un événement dont il convient de mesurer l’importance pour le devenir du système élaboré par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) au XVIIIe siècle.

En conséquence, cet ouvrage, sur lequel nous aurons sans doute l’occasion de revenir, en particulier pour mettre en lumière les questions qui y sont traitées touchant à la 3ème classe secrète dite de la « Profession », est tout à la fois un outil permettant de connaître l’Histoire du Régime écossais rectifié, et un guide pour sa pratique fidèle et authentique, dont ne saurait trop, et avec insistance, recommander la lecture.

Entretien avec Jean-Marc Vivenza

à l’occasion de la sortie de

« L’Histoire du Régime Écossais Rectifié

des origines à nos jours »

 

Vous aviez fait paraître en 2011, une « Histoire du Grand Prieuré des Gaules », en quoi ce nouveau livre qui sort en 2017, intitulé « L’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours », est-il différent ? 

Le livre que vous évoquez, publié en 2011, provenait d’une demande des autorités de l’obédience à l’intérieur de laquelle j’occupais alors des fonctions et charges au niveau national. « L’Histoire » de cette institution pourrait donc, rétrospectivement, être volontiers qualifiée « d’hagiographique » (« Histoire du Grand Prieuré des Gaules », Éditions du Simorgh, 2011, traduit en castillan par Ramon Marti sous le titre : « Historia del Gran Priorato de las Galias »,  Ediciones del Arte Real, masonica.es, 2014), car elle était assez peu conforme, il faut bien l’avouer, avec la réalité des faits, non que ces derniers aient été totalement travestis mais disons, soit volontairement passés sous silence, soit pudiquement signalés, voire, en bien des endroits et notamment pour la partie touchant à l’histoire contemporaine de l’Ordre, habillement « arrangés » pour être mis en conformité avec les nouvelles « orientations », devenues avec le temps dominantes, du Grand Prieuré des Gaules.

Ce livre avait donc surtout pour objet de faire connaître, en interne et dans un milieu relativement restreint puisque l’ouvrage ne fut pas véritablement diffusé auprès du grand public, les différents événements qui jalonnèrent le parcours de l’instance héritière du « réveil » du Régime rectifié au XXe siècle, en une période où j’espérais en œuvrant – ceci expliquant la raison d’une présentation peu objective à laquelle on évitera évidement à présent de prêter un crédit excessif -, afin que surgisse une éventuelle possibilité de retour aux critères willermoziens du G.P.D.G. Cette possibilité s’étant d’ailleurs avérée très vite impossible, après de multiples initiatives en ce sens,  il nous a fallu en prendre acte, et surtout en tirer les conséquences qui s’imposaient.

Qu’est-ce qu’apporte donc comme éléments novateurs ce livre, « L’Histoire du Régime Écossais Rectifié des origines à nos jours »,  alors que plusieurs ouvrages, depuis plusieurs années, ont été publiés sur le sujet.

Certes, vous avez raison de le souligner, d’excellents ouvrages et de nombreuses publications, dans un souci louable de servir la connaissance du Rite Écossais Rectifié, son développement et les éléments caractéristiques de son réveil au XXe siècle, en ont, peu à peu, éclairé la réalité historique tout en faisant état de ses principaux événements, ce qui est une aide précieuse pour les chercheurs, érudits, ainsi que pour ceux qui cheminent en ces domaines, et tout particulièrement les initiés souhaitant posséder les lumières indispensables à la connaissance du Rite auquel ils travaillent [1]. Mais si ces ouvrages possèdent de grandes qualités, aucun d’entre eux ne porte sur le système établi à Lyon lors du « Convent des Gaules » (1778), en tant qu’institution originale et spécifique dans sa « continuité » à partir du réveil de 1935, et de ceux qui succédèrent à Camille Savoire (1869-1951) à la tête de l’instance du réveil.

Et c’est pourtant cette « continuité » qui seule explique, et permet de mieux comprendre la nature propre de la structure édifiée, par étapes successives, en tant qu’Ordre et Régime, l’un n’allant pas sans l’autre, en France par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), qui n’avait jamais été établie, ce que ce livre propose, d’autant plus en s’appuyant sur des documents inédits, inaccessibles, et pour cause, pour la majorité d’entre eux, puisque placés dans les archives des institutions initiatiques qui ne sont pas ouvertes, évidemment, aux chercheurs profanes.

C’est en conséquence ces sources qui font défaut à l’ensemble des ouvrages contemporains disponibles traitant du Régime rectifié, expliquant pourquoi il nous a donc semblé nécessaire, de sorte que tous ceux intéressés par ce que représente et incarne le Régime Écossais Rectifié – précisément en tant « qu’Ordre » au sein de la franc-maçonnerie française et internationale -, puissent y trouver des réponses à leurs légitimes interrogations, d’effectuer une présentation relativement détaillée des différentes périodes qui structurent son histoire, depuis la constitution des Directoires de la Stricte Observance en France entre 1773 et 1774, en passant par la réforme du Régime en 1778 lors du Convent des Gaules, entérinée et adoptée au Convent de Wilhelmsbad en 1782 sous la conduite magistrale de celui qui fut à la fois l’âme et l’organisateur incomparable de cette exceptionnelle entreprise spirituelle et initiatique, à savoir Jean-Baptiste Willermoz, ceci jusqu’au retour en France en 1910 du Régime, puis son réveil complet en 1935, en s’arrêtant attentivement sur les divers temps du rayonnement d’une transmission dont l’originalité rare et le caractère spécifique sont incontestables et, à bien des égards, absolument sans équivalent en Occident.

Le Régime Écossais Rectifié, est donc pour vous un « Ordre » plus qu’un « Rite , cette précision conduit à quelle conséquence principale d’après vous ?

La notion « d’Ordre », est intrinsèquement liée à la nature du Régime Écossais Rectifié, le nom même de « Régime », et non de « Rite », désignant d’ailleurs, il n’est pas inutile d’y insister une fois encore, une structure organique autonome, indépendante et complète, articulée entre trois classes distinctes mais absolument indissociables et imbriquées les unes avec les autres  (1ère classe « symbolique », 2ème classe « chevaleresque », 3ème classe « secrète »), structure organique qui fut la colonne ordonnatrice, le projet propre, et la ligne directrice de l’ensemble de l’œuvre willermozienne.

Réduire ce projet, extraordinaire à bien des égards, pensé, organisé et défini lors du Convent des Gaules en 1778, à la triste caricature qui se donne à voir aujourd’hui dans la majorité des juridictions obéissant aux critères de la franc-maçonnerie « andersonienne », est pour le moins  extrêmement affligeant. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes, lorsqu’on veut bien conserver en mémoire que l’intention de Jean-Baptiste Willermoz au XVIIIe siècle, fut, précisément, de réformer, ou plus exactement de « rectifier », cette dite franc-maçonnerie « andersonienne », considérée à ses yeux tout simplement comme « apocryphe », et de s’en libérer pour retrouver, selon son expression, un « centre commun » authentique, car non oublieux de l’origine véritable et des buts de « l’Ordre primitif, essentiel et fondamental ».

La notion « d’Ordre » est, comme vous l’exposez longuement dans votre livre, intimement liée à la notion de « doctrine », pourquoi cette insistance ?

Le premier constat qui vient d’être rappelé, c’est-à-dire celui portant sur l’éloignement qui est advenu d’avec les lois organisatrices du Régime en tant « qu’Ordre autonome », se double d’un second, non moins important, voire beaucoup plus, et qui découle d’ailleurs du premier dans la mesure où il en est la conséquence quasi logique : l’essence de la rectification, outre un Rite original et une pratique spécifique s’exerçant en quatre grades formant la classe symbolique et un Ordre intérieur d’essence chevaleresque distingué en un état probatoire (« Écuyer Novice ») et le grade de « Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte » (C.B.C.S.), possède une « doctrine », c’est-à-dire, pour être clair, un « enseignement » spécifique qui le définit et le qualifie sur le plan spirituel, ce qui est un cas tout à fait original et unique au sein de la franc-maçonnerie universelle.

Il convient d’ailleurs d’insister sur le fait que cet aspect doctrinal, singulièrement précis, du « Régime » rectifié, confère au système willermozien une originalité à nulle autre pareille en le distinguant entièrement des autres « Rites » dépourvus de cet enseignement de nature illuministe et théosophique, ce qui n’est pas sans provoquer, souvent, de nombreuses incompréhensions.

Cependant, si l’on se dit maçon rectifié et qu’on souhaite le rester – ce qui n’est imposé à personne et relève du libre-arbitre de chacun –, il convient, au minimum, de respecter cette doctrine, et au mieux y adhérer, et non chercher, pour d’obscurs motifs, à la « transformer », « l’amender », la « modifier », la « contredire », « l’enrichir » ou la « corriger », doctrine, par ailleurs, dont chaque membre a le devoir impératif, de par ses serments, d’être le gardien et le vigilant protecteur. [2]

Mais n’est-il pas possible de s’autoriser avec l’évolution du temps des libertés vis-à-vis de cet enseignement, qui heurte la sensibilité religieuse de certains, puisqu’il contient, ainsi que vous l’avez démontré dans un précédent ouvrage qui eu un certain écho lors de sa publication : « La doctrine de la réintégration des êtres » (La Pierre Philosophale, 2012), des propositions que l’Église, toutes confessions confondues, regarde comme des « hérésies » ?

Sur ce sujet, la réponse est non de façon catégorique !

La pensée de Jean-Baptiste Willermoz, puisqu’il le voulut et fit en sorte que cela soit, n’est pas négociable, adaptable ou modifiable. Elle est un héritage vénérable, dont le Régime rectifié possède, et lui seul, le dépôt et la mission de conservation, « sainte doctrine de Moïse » selon l’expression choisie par le patriarche lyonnais, qui est dite être « parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous », dont l’Ordre est le dépositaire, et sans laquelle il est réduit à ne plus être qu’une coquille vide de sens, une structure dénuée de ses fondements essentiels, se changeant en une caricature de lui-même dépourvue de toute authenticité.

Jean-Baptiste Willermoz souligne à ce propos, dans les Instructions destinées à la dernière Classe non-ostensible du Régime : « La doctrine ne permet pas d’en douter ; et en effet, le principal but de l’initiation fut toujours d’instruire les hommes, sur les mystères de la religion et de la science primitive, et de les préserver de l’abandon total qu’ils feraient de leurs facultés spirituelles, aux influences des êtres corporels et inférieurs. Les Initiations devaient donc être le refuge de la Vérité, puisqu’elle pouvait s’y former des Temples dans le cœur de ceux qui savaient l’apprécier et lui rendre hommage. » [3]

Or cette « Vérité », fut oubliée par l’Église à partir du VIe siècle, ainsi qu’y insiste Jean-Baptiste Willermoz, au point que ce qui avait été connu et professé comme connaissances lors des premiers siècles du christianisme, a été ensuite considéré comme étant des erreurs condamnables, c’est-à-dire, selon la terminologie ecclésiale, des « hérésies » : « Toutes ces choses […] ont été parfaitement connues des Chefs de l’Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu’aujourd’hui […] les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. » [4]

Ce sujet relève donc d’une question importante que l’on peut, à bon droit, désigner comme relevant d’un enjeu fondamental qui a pour objet : la réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine, puisque le Régime Écossais Rectifié, détenteur et conservateur de l’enseignement transmis par Martinès de Pasqually (+ 1774), participe de l’expression la plus aboutie du courant « illuministe » français au XVIIIe siècle, et des thèses qui le fondaient en son essence.

À vous lire, il existe donc comme éventuellement réalisable dans nos temps présents, un retour vécu et mis en pratique, concrètement, aux fondements des connaissances perdues, oubliées ou combattues, de l’illuminisme du XVIIIe siècle, dont votre livre consacré à l’histoire du Régime rectifié, se veut le témoignage, et en quelque sorte le guide pratique ?

Joseph de Maistre (1753-1821), qui fut membre en Savoie de la loge « La Sincérité », qui rejoignit la Réforme de Lyon en septembre 1778, nous renseigne sur ce qu’étaient les « illuminés » au XVIIIe siècle.

Je pense que la description que le comte chambérien nous a laissée, peut parfaitement s’appliquer à ce qu’il nous est demandé de poursuivre comme « voie » spirituelle et initiatique, de conserver comme « mystères » et d’approfondir en tant que « connaissances » supérieures, et surtout de vivre, dans la Foi, l’Espérance et la Charité, au sein de notre cheminement vers le « Temple de la Vérité ».

Lisons attentivement, chaque mot a son importance : «Je ne dis pas que tout illuminé soit franc-maçon : je dis seulement que tous ceux que j’ai connus, en Œuvres surtout, l’étaient ; leur dogme fondamental est que le christianisme, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’est qu’une véritable loge bleue faite pour le vulgaire ; mais qu’il dépend de l’homme de désir de s’élever de grade en grade jusqu’aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens qui étaient de véritables initiés. C’est ce que certains Allemands ont appelé le christianisme transcendantal […] Les connaissances surnaturelles sont le grand but de leurs travaux et de leurs espérances ; ils ne doutent point qu’il ne soit possible à l’homme de se mettre en communication avec le monde spirituel, d’avoir un commerce avec les esprits et de découvrir ainsi les plus rares mystères…» [5]

Si ce livre, pouvait en conséquence, faire en sorte, que le « christianisme transcendant » dont parle Joseph de Maistre, caractérisant le Régime Écossais Rectifié depuis son origine, étranger à toute forme de dogmatisme ecclésial, soit vécu réellement, et donne d’accéder aux âmes de désir qui se sentent attirées et portées vers ce système initiatique, « aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens», alors, incontestablement, nous aurions atteint notre « objet », et répondu à la mission propre que s’est fixé l’Ordre, ce qui est son projet le plus sacré depuis sa fondation : le retour de chaque « mineur spirituel » à son origine divine.

Notes.

1. Citons en particulier, pour son incontestable intérêt documentaire, l’ouvrage incontournable de René Le Forestier : La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles, Aubier-Montaigne, 1970 (préfacé par Antoine Faivre), réédition Arche, 2003.

2. On sera attentif au fait – montrant qu’il ne s’agit pas de ma part d’une extrapolation personnelle, d’une interprétation subjective, ou d’une rigidité issue d’un « willermozisme » excessif -, que le critère doctrinal s’impose dès l’entrée dans l’Ordre, puisque le Frère Préparateur, qui a pour fonction d’instruire les candidats des conditions requises pour qu’ils soient acceptés, déclare à l’impétrant, après lui avoir dévoilé les « trois questions d’Ordre » en chambre de préparation : « L’Ordre, ne devant pas accueillir des individus qui auraient une doctrine opposée à celle qu’il regarde comme sa règle fondamentale, a dû, relativement à ceux qui désirent d’y être admis, établir des formes certaines pour connaître leurs vrais sentiments, et leur conformité avec ses lois, afin d’éloigner de ses assemblées tout prétexte de dispute ou d’opposition d’opinions tendant à détruire la charité, la fraternité et l’union qui doivent y régner essentiellement […] Ainsi, Monsieur, ces questions ne sont présentées aux candidats qu’afin de connaître, par leurs réponses, s’ils sont dignes d’entrer dans l’Ordre, et pour leur faire entrevoir son véritable but et le terme des travaux particuliers imposés à chaque maçon.» Suite à cette mise en garde plus qu’explicite, le Frère Préparateur peut lire dans le rituel les lignes qui sont rédigées à son attention : « Si les réponses du candidat sont conformes à la doctrine de l’Ordre, le Frère Préparateur l’exhortera à y persévérer, et il les fera connaître sommairement à la loge lorsqu’il y fera son rapport.» (Cf. Rituel du grade d’Apprenti, 1802). Bien évidemment, tout ce discours, n’a de sens, qu’au sein des structures à l’intérieur desquelles est connue et conservée cette « doctrine » de l’Ordre, faute de quoi les cérémonies se réduisent à n’être qu’une mise en scène factice, un théâtre, où sont récités mécaniquement des textes incompris, vide de sens et dénués de véritable portée initiatique.

3. Instruction des Chevaliers Profès, 1778.

4. Lettre de Willermoz à Saltzmann, du 3 au 12 mai 1812, inRenaissance Traditionnelle, n° 147-148, 2006, pp. 202-203.

5. J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg: XIe Entretien, 1821.

 

Histoire du Régime Écossais Rectifié

des origines à nos jours

Lumières et vérités, sur l’histoire, les origines, le but 

et l’état contemporain de l’Ordre

La Pierre Philosophale, 2017, 572 pages.

 

La Très Sainte Trinité et le Régime Écossais Rectifié

In Christianisme, Doctrine, Elus coëns, Franc-maçonnerie, Jean-Baptiste Willermoz, Philosophie, Régime Ecossais Rectifié, Réintégration, Théologie, Théosophie on 6 novembre 2016 at 17:41

sainte-trinite-2

L’Unité divine est désignée dans les rituels du Régime rectifié,

par ses facultés créatrices de

« Pensée »,« Volonté » et « Action »,

facultés adorées sous les Noms de « Père », « Fils » et « Saint Esprit ».

La question de la « Trinité » au sein du Régime rectifié, occupe une place centrale, pour ne pas dire fondamentale, puisque, comme il est connu, le système fondé par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) lors du Convent des Gaules (1778) à Lyon, se situe clairement, dans une affirmation trinitaire explicite dont l’adhésion est même une condition impérative pour en être membre, les travaux de l’Ordre intérieur étant placés sous les auspices du « Père, du Fils et du Saint-Esprit qui sont trois en Un ».

Mais avant que de s’imposer de façon si claire dans le système initiatique qui réforma la Stricte Observance, il aura fallu que Willermoz corrige la position de Martinès de Pasqually (+ 1774), qui ne se contentait pas de dire que l’essence divine est « quaternaire », ou plus exactement « quatriple », mais surtout se refusait d’admettre une distinction de trois personnes au sein de Dieu, ce qui apparente la conception martinésienne à du « modalisme », hérésie qui posait la seule réalité unique de Dieu en refusant toute distinction en son sein de trois personnes différentes.

a) Position non-trinitaire de Martinès de Pasqually

Martinès en effet, semble n’avoir jamais pénétré le mystère trinitaire et même s’en scandalise : « Il nous a été enseigné (sic), écrit Martinès, que Dieu était en trois personnes, et cela parce que le Créateur a opéré trois actions divines et distinctes l’une de l’autre en faveur des trois mineurs (…) Ces trois personnes ne sont en Dieu que relativement à leurs opérations divines et l’on ne peut les concevoir autrement sans dégrader la Divinité, qui est indivisible et qui ne peut être susceptible, d’aucune façon, d’avoir en elle différentes personnalités distinctes les unes des autres. S’il était possible d’admettre dans le Créateur des personnalités distinctes, il faudrait alors en admettre quatre au lieu de trois, relativement à la quatriple essence divine (…). C’est par là que nous concevons l’impossibilité qu’il y a que le Créateur soit divisé en trois natures personnelles.» (Traité, 182).

La position ici soutenue relève de l’unitarisme (voyant dans la Trinité trois modalités d’expression : Pensée, Volonté, Action et se refusant à la distinction des Personnes), que Willermoz ne pouvait admettre.

Résumant les erreurs de Martinès de Pasqually, Robert Amadou (+ 2006) écrivait donc : « Martines n’admet pas le dogme de la Trinité, car Dieu est un et son essence quaternaire. Lorsqu’il nomme le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ce sont pour lui trois fonctions en trois facultés – respectivement l’intention, la pensée et l’action -, non point des hypostases (pour utiliser le synonyme technique de Personnes ). Il personnifie les trois fonctions de la Divinité, mais en catégories et en termes d’angélologie, la démarche est typique du judéo-christianisme […] Le dogme de la Sainte Trinité, tel que les conciles oecuméniques l’ont défini, de même que celui de l’Incarnation, Martines n’en a pas connaissance. » [1]

b) Examen de la question de la Trinité

Cette difficulté importante, a fait l’objet d’une analyse développée dans « Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié », livre publié par Jean-Marc Vivenza en 2010, dans un appendice intitulé : «La Sainte et Indivisible Trinité »,  auquel il est utile de se référer lorsqu’on veut aborder sérieusement ce sujet complexe.

Voici ce que l’on apprend, et ce qui est exposé dans cette analyse :

 « Dans un passage de son Traité, Martinès écrivit parlant de Dieu : « S’il était possible d’admettre dans le Créateur des personnalités distinctes, il faudrait alors en admettre quatre au lieu de trois, relativement à la quatriple essence divine qui doit vous être connue… » (Traité, § 182) Un tel discours, qui semble surgir de l’hérésie modaliste, était évidemment difficilement recevable par Jean-Baptiste Willermoz, et il n’est pas surprenant que souhaitant corriger Martinès, c’est en premier lieu sur sa conception trinitaire qu’il fit porter ses immédiats et principaux efforts, afin de ramener la doctrine de la Réintégration à une conformité théologique exempte de toute trace d’hétérodoxie. Il réalisera ce projet, dès l’ouverture des Leçons de Lyon – attitude qui laisse supposer une certaine détermination et réflexion antérieure longuement mûrie – soulignant : « Le tableau des trois facultés puissantes innées dans le Créateur nous donne en même temps une idée du mystère incompréhensible de la Trinité : la pensée donnée au Père, 1, le verbe ou l’intention attribuée au Fils, 2, et l’opération attribuée à l’Esprit, 3. Comme la volonté suit la pensée et de la volonté, de même le verbe procède de la pensée et l’opération procède de la pensée et du verbe dont l’addition mystérieuse de ces trois nombres donne également le nombre sénaire, principe de toute création temporelle. Vous reconnaissez par cet examen trois facultés réellement distinctes, et procédant les unes des autres, et produisant des résultats différents, et cependant toutes réunies dans le seul et même Etre unique et indivisible. »  (Leçons de Lyon n° 1, 7 janvier 1774, W). » [2]

Jean-Marc Vivenza souligne ensuite :

« Ces précisions de Willermoz, de la plus haute importance, ont non seulement pour vertu de faire passer la doctrine martinésienne du quaternaire au trinitaire, mais, de plus, de repréciser avec beaucoup de rigueur la place fondamentale des Personnes, Père, Fils et Esprit au sein de la Sainte Trinité. Cette initiative, chez Willermoz, n’est pas simplement l’expression d’un souci de ne point s’écarter de la foi catholique, elle répondait à une conscience de la signification propre du dogme de la Trinité dans le cadre de l’économie spirituelle qui doit s’opérer en chaque âme, puisque, si nous sommes tous appelés, en tant qu’enfants de Dieu, à devenir participants de la nature divine (II Pierre 1 ,4), encore faut-il que nous nous conformions, sur notre chemin de divinisation, à la structure intime authentique de cette divinité en nous laissant emplir de la grâce trinitaire, nous préparant à pouvoir contempler un jour, face à face, l’éternelle circulation de l’énergie d’amour au sein de la circumincession des hypostases. »  [3]

c) La conception trinitaire est intrinsèque au christianisme

Suit alors, un examen détaillé de la présence de la conception trinitaire depuis les premiers siècles du christianisme, montrant que l’affirmation de la Sainte Trinité traverse toute la Révélation évangélique, et s’exprime dès la mise en mort du premier martyr de la foi, Etienne, rapportée en ces termes par les Actes des Apôtres : « Rempli du Saint-Esprit et fixant les yeux vers le ciel, il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : « Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu’’. » (Actes 7, 55-56), puis est réaffirmée avec une force particulière par l’apôtre Paul qui mentionne les trois Personnes de la Trinité dans sa célèbre formule de bénédiction aux Corinthiens que conserve l’Eglise dans sa liturgie : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père, et la communion du Saint Esprit, soient toujours avec vous » (2 Corinthiens 13, 13), suivit identiquement par Pierre lorsqu’il dira, s’adressant pour les saluer aux chrétiens de la dispersion du Pont de la Galatie, de la Cappadoce, de l’Asie et de la Bythinie qui séjournaient parmi les nations : « A ceux qui ont été choisis…., selon la prescience de Dieu le Père, pour être sanctifiés par le Saint Esprit…., et pour être arrosés du sang de Jésus-Christ. » (I Pierre 1, 1-2).

Comme on le constate, le Père, le Fils et l’Esprit, selon la révélation chrétienne, agissent et « opèrent » ensemble dans l’unité tripartite d’un seul Dieu en trois Personnes.

Le regard attentif porté sur le temps qui va séparer l’expression trinitaire des premiers siècles du christianisme, jusqu’à la proclamation de la Foi en la Sainte Trinité, lors du concile de Nicée (325), est l’objet de nombreuses pages circonstanciées, qui aboutissent à cette conclusion : « Certes, on a put parler, pour récuser l’autorité des premiers Conciles, d’une imprécision théologique générale au sujet du dogme de la Trinité chez les Pères anténicéens, Robert Amadou affirmera même : « Aucune thèse christologique est hérétique avant le concile de Nicée en 325. Avant comme après, différentes théologies sont habilitées à rendre compte d’un même dogme chrétien. » (Préface aux Leçons de Lyon, op. cit., p. 23). Les arguments présentés ne manquent donc jamais de nous indiquer, avec une singulière insistance, l’existence de nombreuses communautés de sensibilité judéo-chrétienne en marge du christianisme officiel s’étant perpétuées à travers les siècles en proposant une interprétation originale de la Révélation […].Ainsi, sont convoqués à l’appui de cette thèse soutenant l’existence d’une théologie aux multiples formulations au sein du christianisme anté-nicéen, les Ebionites,  juifs venus au Christ en le regardant uniquement comme le plus grand des prophètes mais refusant de le considérer comme le Fils de Dieu, les Elkasaïtes proches des Ebionites mais qui se distinguaient par un fort rejet de l’apôtre Paul, soutenant la réalité de multiples « incarnations » du Sauveur sous divers visages à travers l’Histoire, les Nazaréens ayant conservé, malgré leur passage au christianisme, les observances juives (sabbat et circoncision), les Zélotes messianiques chrétiens attendant et travaillant à hâter l’avènement de la Parousie finale qui instaurera pour toujours le Royaume de Dieu sur la terre, les Carpocratiens qui soutenaient que la Création était l’œuvre d’anges inférieurs, l’Eternel ayant délégué, selon eux, son autorités à des esprits intermédiaires pour que fût constitué le monde… » [4]

d) Impossibilité d’une théologie séparée au sujet de la Trinité

Toutefois, ce qui apparaît, c’est que l’idée qu’il ait pu exister des courants non trinitaires chrétiens, ne résiste pas à l’épreuve des faits : « Cette idée, d’une théologie séparée quasi « indépendante » prenant divers visages au sein du christianisme naissant, pour généreuse qu’elle soit, reçoit néanmoins son démenti catégorique lorsque l’on examine sérieusement les textes des docteurs de la foi des premiers siècles, textes traçant une frontière nette entre l’orthodoxie et l’hérésie. Chez Justin, chef du didascalée de Rome, saint et martyr, chez Théophile (IIe), précisément évêque d’Antioche et saint, chez Athénagore (IIe), nous retrouvons la même foi, l’affirmation d’une identique croyance trinitaire. D’ailleurs, soulignera Jules Lebreton dans sa monumentale étude portant sur l’histoire du dogme trinitaire : « Les œuvres de ces trois écrivains [Justin, Théophile et Athénagore], manifestent une foi sincère ; on peut dire (…) que leurs déclarations suffisent à faire connaître le dogme de la Trinité et à renverser l’hérésie d’Arius et celle de Sabellius. Chez eux comme chez tous les autres anténicéens qui appartiennent à l’Eglise, on voit affirmer et l’unité de Dieu et la Trinité des personnes et la véritable génération du Fils, qui n’est pas une créature du Père, mais qui est né de sa propre substance. Ce dogme capital qui est le fondement de la foi de Nicée ; les docteurs anténicéens le confessent unanimement. » (J. Lebreton, Histoire du dogme de la Trinité, vol. II, Beauchesne, 1928, p. XIX). » [5]

e) Conception trinitaire augustinienne de Willermoz

Mais ce qui est passionnant pour notre sujet, et relève d’un intérêt majeur pour ceux qui participent du cheminement du Régime rectifié, c’est de s’apercevoir, par ce que nous révèle Vivenza, que Willermoz, a puisé chez saint Augustin : « En effet, saint Augustin […] va établir une pertinente correspondance entre la Trinité et les trois facultés propres de l’âme humaine : la mémoire, l’intelligence et la volonté. Cette comparaison, qui va jouer un si grand rôle dans le discours théologique occidental au cours des siècles, inspirant les plus grands docteurs et engageant une approche du mystère divin à partir d’une anthropologie extrêmement poussée et subtile, sera intégralement reprise, il n’est pas négligeable de le noter pour notre sujet, par Jean-Baptiste Willermoz lors de l’élaboration de son système initiatique, qui en fera un élément majeurs de la doctrine de la Grande Profession, s’appuyant, entièrement, sur la conception augustinienne pour développer sa théorie de la dégradation des facultés qu’il avait antérieurement trouvée, mais de façon embryonnaire, chez Martinès de Pasqually. » [6]

Conclusion : la « Triple essence de l’unité »

Vivenza nous montre, en conclusion de son étude, que pour Willermoz les puissances actives par lesquelles l’Unité divine se manifeste et sont ainsi désignées dans les rituels du Régime rectifié, sont bien ses facultés créatrices de Pensée, Volonté et Action, adorées sous les Noms de Père, de Fils et de Saint Esprit, ceci nous éloignant totalement du modalisme de Martinès de Pasqually, et de sa conception trinitaire erronée, qui considérait que la « quatriple essence » (ou « quadruple« ), aboutit à « l’impossibilité que le Créateur soit divisé en trois natures personnelles », puisque pour Martinès les « quatre cercles d’esprits » dont est formé le monde surcéleste, « savoir l’esprit divin 10, l’esprit majeur 7, l’esprit inférieur 3 et l’esprit mineur 4″ (Traité,  182), est en fait la formalisation concrète de l’immensité divine : « … ce sont ces quatre cercles qui sont le véritable type de la quatriple essence divine. » (Traité, 224).

Ainsi, pour mieux nous faire comprendre ce qui distingue la conception modaliste martinésienne de la conception trinitaire willermozienne propre au Régime rectifié et qui lui est devenue intrinsèque et en fonde toute la perspective initiatique, Vivenza reproduit l’exposé que Willermoz fit concernant ce sujet, montrant d’ailleurs, contrairement à ce qui se dit beaucoup trop rapidement, que le patriarche lyonnais possédait une capacité d’approfondissement de la doctrine spirituelle d’une rare subtilité :

Doctrine de Moïse, Doctrine,

Instruction particulière & secrète à mon fils

 « Nous disons une Triple essence de l’unité, et non pas trois essences isolées et indépendantes de l’unité, car elles ne sont pas trois Dieux. Les trois Puissances créatrices de l’unité forment dans l’immensité incréée, l’Eternel Triangle Divin, dont elles sont le principe et le centre. Elles sont tellement inhérentes à la nature essentielle de l’unité, et tellement identiques avec elle, que quoique toujours distinctes par leur action particulière, elles forment ensemble avec l’Unité un seul Dieu. (…) Les puissances actives par lesquelles l’Unité divine se manifeste et opère toutes choses, sont ses trois propres facultés créatrices de Pensée ou d’intention, de Volonté et d’Action divine opérante, que nous personnifions et adorons sous les Noms de Père, de Fils et de Saint Esprit ; elles forment le sacré Ternaire de ces puissances créatrices que nous nommons la Très Sainte Trinité : mystère ineffable dont l’homme dégradé ne peut plus sonder toute la profondeur, mais dont la connaissance est si importante pour lui qu’afin qu’il ne la perde pas et qu’il puisse concevoir ce grand mystère, Dieu l’a gravé en caractères indélébiles sur son Être, comme sur la Nature entière, et la rendre en quelque sorte sensible à son intelligence en imprimant sur l’homme même, qui malgré sa dégradation reste toujours son image, une trinité de facultés actives et intelligentes de Pensée de Volonté et d’Action, en similitude de la Trinité Divine, par lesquelles il peut, ainsi que Dieu, produire des résultats analogues à sa propre nature, et sans lesquelles il serait à l’égard de tous les êtres qui l’environnent comme nul et non existant. Mais en Dieu, ces trois facultés puissantes sont égales en tout, et opèrent de toute éternité leur action particulière simultanément, quoique dans un ordre distinct, pour tous les actes d’Emanation, de Production, et de Création divine, auxquels elles concourent toutes trois également et distinctement, mais toujours en unité d’action, parce que Dieu étant l’Être de sagesse et de perfection infinie, la Volonté divine veut toujours ce que la Pensée divine a conçu, et ce que la Volonté a déterminé. Car il est certain que Dieu pense, veut et agit, et que ces trois facultés de l’unité divine produisent nécessairement des résultats de Vie spirituelle analogues à sa propre nature, Ainsi, on ne peut concevoir trois en Dieu, sans y reconnaître en même temps quatre : savoir : les trois puissances créatrices opérantes, et les Êtres spirituels émanés dont l’existence, hors du sein de l’unité, est opérée par elles.C’est donc bien avec raison que la religion présente sans cesse à l’homme les trois puissances divines créatrices, comme étant l’objet constant de son culte et de son adoration ; car la Pensée divine est vraiment Dieu, en Dieu et de Dieu. La Volonté divine et son Action opérante sont aussi chacune vraiment Dieu, en Dieu et de Dieu, ces trois puissantes facultés innées en Dieu, sont tellement identiques avec sa nature essentielle, que sans elles, Dieu ne serait pas Dieu ; comme aussi sans elles, ou pour mieux dire, sans leur similitude, l’homme, image de Dieu, ne serait pas homme. » [7]

*

L’Apprenti du Régime écossais rectifié apprendra donc :

« L’Orient maçonnique signifie la source et le principe de la lumière que cherche le Maçon. Elle vous a été représentée par le chandelier à trois branches qui brûlait sur l’autel d’orient comme étant l’emblème de la triple puissance du Grand Architecte de l’Univers. Cette lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté. Le signe qu’on vous a donné, séparant la tête d’avec le buste, vous rappelle la supériorité originelle de l’homme sur tous les animaux ; gardez-vous donc d’assimiler sa nature à la leur. » [8]

Lire :

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J.-M. Vivenza, Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié,

Le Mercure Dauphinois, 2010,

Appendice I. «La Sainte et Indivisible Trinité », pp. 263-292.

Notes.

1. R. Amadou, Introduction au Traité sur la réintégration des êtres, Collection Martiniste, Diffusion rosucrucienne, 1995, pp. 38-39.

2. J.-M. Vivenza, Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié, Le Mercure Dauphinois, 2010, pp. 263-264.

3. Ibid., p. 264.

4. Ibid., pp. 275-276.

5. Ibid., pp. 276-277.

6. Ibid., pp. 281-282.

7. Ibid., pp. 285-286.

8. Instruction morale du Grade d’Apprenti, Rituel 1802.