Régime Écossais Rectifié

La loge la Sincérité en Savoie depuis le XVIIIe siècle

In Convent des Gaules, Franc-maçonnerie, Histoire, Réforme de Lyon, Régime Ecossais Rectifié on 5 janvier 2013 at 16:57

Savoie

 

Le succès significatif au XVIIIe siècle des activités des frères rattachés à la Réforme de Lyon en Savoie, bien que vivant la fécondité de leur vie initiatique sous les auspices des grades chevaleresques, mais encore membres de loges bleues dépendantes de la maçonnerie anglaise, les encouragea à constituer une loge qui travaillerait selon les principes du Régime rectifié.

Ce fut un acte décisif quoique, il ne faut pas se le cacher, courageux, car jusqu’alors, toutes les loges participaient d’une même source, d’une identique essence, possédaient, à quelques légères variantes près, les mêmes rituels.

Oser franchir le pas visant à ériger, à Chambéry, une loge échappant à l’autorité des anciennes structures maçonniques, constituait donc un décision symbolique de rupture assez radicale qu’il ne faut pas sous-estimer, ni surtout minorer sur le plan spirituel si l’on veut en comprendre le sens.

de Maistre

Ainsi, s’éloignant de la maçonnerie anglaise, Joseph de Maistre accompagné de seize frères des « Trois Mortiers » [1], décidaient de se séparer de leur atelier afin de rejoindre la maçonnerie écossaise et annonçaient dans le courant de l’année 1778 qu’ils érigeraient à Chambéry une loge précisément de Rite Ecossais Rectifié sous le nom de « La Sincérité ».

De ce fait, le 4 septembre 1778, après plusieurs années d’efforts soutenus et patients, était consacrée à l’Orient de Chambéry la loge « La Sincérité », qui tiendra sa première tenue le 24 septembre. On ignore si Willermoz est venu en personne consacrer cette nouvelle loge, mais ce qui est certain c’est que son frère, Jacques-Antoine, était présent et fera part aux lyonnais du désir de connaissance qu’il a rencontré chez les frères chambériens « avides de précisions sur les textes de la Réforme, le pressant de questions souvent embarrassantes. »

De la sorte,  « La Sincérité » de Chambéry, devint la  première en date des loges rattachées au  Directoire de Lyon, demeurant la première en importance. Antoine Willermoz, eq. a Concordia, la représentait. Au cours de voyages d’affaires en Savoie, il s’efforçait tant bien que mal de compléter l’instruction et de satisfaire la curiosité de ses membres, bien qu’il ait été, à l’en croire, fort mal au fait de ce qu’on lui demandait.

 La Sincérité nen continua pas moins ses progrès, particulièrement riche en acquisitions brillantes. On y trouvait des jeunes gens instruits, appartenant à la noblesse ou à la bourgeoisie savoyarde, officiers, avocats, médecins, membres du Sénat.

Un an plus tard, en juillet 1779, Jean-Baptiste Willermoz dépêchera cette fois-ci à Chambéry, non son frère, mais son plus proche collaborateur en la personne de son Préfet du Collège Métropolitain des Grand Profès, Gaspard de Savaron (Eques a Solibus), afin que soient donnés aux frères de Chambéry outre les documents relatifs au Convent des Gaules qui s’était réuni à Lyon d’octobre à novembre 1778, les Instructions secrètes de la classe de la Profession, les rituels et instructions d’Ecuyer Novice, et une partie des rituels de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (C.B.C.S.).

Le Régime Ecossais Rectifié était dès lors entièrement constitué et installé en Savoie, et il y est demeuré, après une période d’éclipse consécutive à la Révolution et au rattachement d’une partie du territoire du royaume à l’Italie et l’autre à la France, jusqu’à nos jours !

Notes.

1. Il s’agit, pour ceux dont les noms nous sont connus, des frères : Salteur, substitut des généraux, Desmaisons, médecin, Ducoutray secrétaire de consulat, Daquin, médecin, marquis de La Serraz, Deville de la Malatière sénateur, Pignières, membre du bureau des Gabelles, De Montfort, officier, Brouilly, Rivoire, marquis de Chevelu, officier, Picolet, avocat, Jacques Daviet, valet de chambre, Urbain Gros, receveur des Gabelles.

2. Quatre frères seulement, Marc Rivoire, le Chevalier de Ville, sénateur, le comte Salteur et Joseph de Maistre, « reçurent la pleine confiance de Lyon ». Ce sont d’ailleurs ces quatre frères qui effectueront le déplacement à Lyon de manière à recevoir toutes les instructions nécessaires pour conduire les travaux, et former ainsi le « Collège secret » de Chambéry.

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